Inclosure in No. 1.
Memorandum by M. Brederode.
Le 5 courant, à 10 heures du matin, le représentant de la maison commerciale de Macao "Kuong-vo" est allé dire au Capitaine du Port qu'un bateau Japonais, le "Tatsu Maru No. 2" qui naviguait dans la rade, lui apportait un chargement d'armement, dont il lui montra le permis légal du Gouverneur de Macao. Capitaine du Port fit de suite embarquer un contingent de six hommes dans la jonque destinée à recevoir le matériel de guerre, contingent destiné à le surveiller jusqu'à son entrée dans les dépôts du Gouvernement, où il devait être recompté et conféré comme c'est l'usage. Il fit en outre embarquer un pilote du Gouvernement dans un des canots à vapeur du port, le "Taipa," en lui enjoignant de conduire le bateau à vapeur Japonais le plus près de Macao possible. Plus tard, le sémaphore de Guia annonça que le bateau à vapeur Japonais paraissait être surveillé de loin par des bateaux du Fisc Chinois.
Après que le pilote eut passé à bord du bateau Japonais il tenta de le faire approcher de Macao, mais en raison du vent très fort qui soufflait il ne le put; et à 3 heures de l'après-midi le bateau à vapeur Japonais dut jeter l'ancre par 22° 8′ 10′′ de latitude ouest et 113° 38′ 10" de longitude sud-est, c'est-à-dire, à 24 milles de la pointe Kalo de l'Ile Portugaise de Colovane, et à 3 milles de la terre Chinoise plus proche, l'Ile Tae-lok, ile sans occupation effective de la Chine et uniquement habitée par des pirates.
Sur ces entrefaites le câble du remorqueur de la jonque (le canot à vapeur "Colovane") se rompit, dû à la forte mer et au vent, qui soufflait très fort; les deux petits canots à vapeur durent se retirer, le "Colovane" remorquant de nouveau la jonque, en direction à Macao. En ce moment-là déjà les cannonières du Vice-Roi et celles des Douanes Chinoises s'approchaient du bateau Japonais. Et au coucher du soleil le bateau des Douanes avait envoyé au bateau Japonais un canot avec un employé.
Le Gouverneur sachant cela, envoya de grand matin le "Colovane" à la rade pour se certifier de la position du navire. Le "Colovane" revint à Macao à 10 heures du matin du 6, informant qu'à bord du bateau Japonais était monté un employé des Douanes Chinoises, et que trois cannonières et le bateau à vapeur des Douanes Chinoises étaient ancrés près du "Tatsu Maru No. 2.” "Colovane" voulut parler au pilote du Macao et lui dit de faire venir le patron du "Tatsu Maru No. 2" plus près de Macao. Mais le pilote lui répondit par signes qu'il ne le put faire.
Le Gouverneur envoya alors, à midi, l'officier de marine adjoint au Capitaine du Port, sur un canot du Gouvernement. Il se dirigea vers le bateau Japonais, et, quand il voulut monter à bord, l'entrée lui en fut niée, et on hissa l'échelle sans lui en donner aucune raison. Il procéda alors à la détermination précise de l'endroit où se trouvait le bateau Japonais et revint à Macao en informer le Gouverneur.
Le point où le bateau Japonais a été capturé est déjà situé dans la zone où, par une ancienne Convention verbale, il est toléré à la Chine de fiscaliser. Néanmoins, toujours la pratique adoptée a été celle de considérer port de Macao tout point de la rade où se trouve ancré tout navire de long cours qui, par suite de son fort tirant d'eau, ne peut s'approcher plus de Macao, ce qui arrive presque toujours. Sans interruption, depuis d'innombrables années, les navires et bateaux à vapeur, ancrés en dehors de la zone où la fiscalisation Chinoise n'est pas tolérée, chargent et déchargent sous la fiscalisation exclusive des autorités de Macao, et libres d'aucune intervention des Douanes Chinoises.
Des bateaux à vapeur de grand tirant d'eau, qui ne pourraient jamais entrer dans la zone défendue au Fisc Chinois ont toujours payé à Macao l'impôt de tonnage et ont procédé toujours à leurs opérations commerciales sous la fiscalisation du Capitaine du Port de Macao. Mais encore plus; il n'est toléré à la Chine fiscaliser les bateaux qui voudraient faire de la contrebande en terre Chinoise, ce qui n'est pas le cas, puisque le bateau Japonais se dirigeait directement à Macao avec un connaissement en due forme de son chargement.
De ce qu'on a toléré à la Chine qu'elle pouvait fiscaliser pour se défendre dans une certaine zone, il ne s'ensuit pas qu'elle puisse considérer ces eaux territoriales Portugaises comme lui appartenant. Elle n'a aucun droit à appréhender un bateau qui se dirige à Macao muni de documents en bonne et due règle et à empêcher ainsi notre libre commerce. De même, les eaux à 2 milles de Colovane sont des eaux territoriales Portugaises.
De ce que nous avons toléré à la Chine de fiscaliser dans cette zone il résulte clairement qu'elles sont à nous. Nous ne lui avons jamais donné ni reconnu le droit de se prévaloir de cette tolérance pour en user contre nous, ce qui du reste serait absolument absurde. Donc, avec cette capture, absolument injustifiée, révoltante, et illégale, la Chine a violé nos eaux territoriales et encore porté atteint à notre souveraineté, à notre droit, à son respect, et à notre droit de libre commerce.
Le bateau à vapeur Japonais fut ensuite, escorté par les cannonières Chinoises, emmené jusqu'à Whampoa et de là à Canton. Le pilote Chinois, employé du Gouvernement Portugais, fut à diverses reprises menacé, plusieurs matelots Chinois lui disant qu'on allait lui couper la tête. Arrivé à Canton, il demanda qu'on le mit en liberté. On lui dit de se taire, en lui répétant les mêmes menaces. Après, pendant la nuit, il donna 5 dollars à un matelot Chinois pour qu'il le laissât s'évader, et il s'enfuit à bord d'un bateau qui le ramena à Macao.
Le Gouverneur de Macao ayant fait écrire par son Secrétaire-Général au Commissaire des Douanes Chinoises à Lapa en protestant contre la saisie du "Tatsu Maru No. 2," protestant très justement, vu que la fiscalisation Chinoise dans ces eaux-là avait été tolérée pour éviter l'entrée de la contrebande en Chine, mais non pas pour y permettre des outrages contre notre commerce, vu que ces eaux étaient indiscutablement Portugaises, ce dit Commissaire lui répondit par la lettre que je transcris textuellement :
"Sir,
"Custom-house, Lapo, February 9, 1908.
"I have the honour to acknowledge the receipt of your Excellency's Confidential despatch of the 8th February, 1908, conveyed to me through the Honourable Colonial Secretary, and, in reply, have the honour to inform your Excellency that I have duly noted the protest contained therein. While, however, respectfully maintaining that the seizure of the steam-ship 'Tatsu Maru No. 2' was effected in Chinese territorial waters, I also beg leave to be allowed to inform your Excellency that this matter is in the hands of his Excellency the Viceroy of the Liang Kuang Provinces, by whose orders the steamer in question has been conveyed towards Canton.
I seize this opportunity to renew to your Excellency the assurance of my highest consideration, and to express the most sincere hope that the present unpleasant incident will not have the deplorable result of in any way disturbing the friendly relations which at present exist between the Lapa Customs and the Government of Macao.
"I have, &c.
"(Signed) "A. H. WILZER,
Acting Commissioner for Lapa and District.
"To his Excellency Senhor Pedro de Azevedo Continho, Governor of Macao."
Le Gouverneur de Macao fit alors demander à Mr. Wilzer, vu qu'il affirmait que la saisie du bateau à vapeur Japonais avait été effectuée dans les eaux Chinoises, si Mr. Wilzer pouvait lui indiquer l'endroit précis où le dit bateau avait été capturé, l'endroit où il était ancré à ce moment-là, et les raisons sur lesquelles il fondait son affirmation de ce que ces eaux appartenaient à la Chine.
Sir,
Voici la réponse de Mr. Wilzer :
"Custom-house, Lapa, February 10, 1908.
"I have the honour to acknowledge the receipt of your Excellency's Confidential despatch inquiring as to the exact bearings of the point at which the steam-ship 'Tatsu Maru No. 2' was seized, and, in reply, to state that I am not yet able to furnish the desired information. The case being in the hands of his Excellency the Viceroy, I am to-day wiring to that official for the information your Excellency desires.
In conclusion, I desire to express to your Excellency the assurance of my highest consideration.
"I have, &c.
"(Signed) "A. H. WILZER,
Acting Commissioner of Customs for Lapa and District.
"To his Excellency Senhor Pedro de Azevedo Continho, Governor of Macao."
De nouveau le Gouverneur de Macao fit écrire à Mr. Wilzer, en lui demandant qu'il lui indiquât quelles étaient les lignes qui, suivant lui, délimitaient les eaux Portugaises de Macao. Mais Mr. Wilzer ne répondit plus.
Je crois que ses deux lettres sont des documents précieux. Dans la première il affirme que la saisie a ...
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Inclosure in No. 1.
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LE 5 courant, à 10 heures du matin, le représentant de la maison commerciale de Macao "Kuong-vo" est allé dire au Capitaine du Port qu'un bateau Japonais, le "Tatsu Maru No. 2" qui naviguait dans la rade, lui apportait un chargement d'armement, dont il lui montra le permis légal du Gouverneur de Macao. Capitaine du Port fit de suite embarquer un contingent de six hommes dans la jonque destinée à recevoir le matériel de guerre, contingent destiné à le surveiller jusqu'à son entrée dans les dépôts du Gouvernement, où il devait être recompté et conféré comme c'est l'usage. Il fit en outre embarquer un pilote du Gouvernement dans un des canots à vapeur du port, le "Taipa," en lui enjoignant de conduire le bateau à vapeur Japonais le plus près de Macao possible. Plus tard, le sémaphore de Guia annonça que le bateau à vapeur Japonais paraissait être surveillé de loin par des bateaux du Fisc Chinois. Après que le pilote eut passé à bord du bateau Japonais il tenta de le faire approcher de Macao, mais en raison du vent très fort qui soufflait il ne le put; et à 3 heures de l'après-midi le bateau à vapeur Japonais dut jeter l'ancre par 22° 8′ 10′′ de latitude ouest et 113° 38′ 10" de longitude sud-est, c'est-à-dire, à 24 milles de la pointe Kalo de l'Ile Portugaise de Colovane, et à 3 milles de la terre Chinoise plus proche, l'Ile Tae-lok, ile sans occupation effective de la Chine et uniquement habitée
par des
pirates. Sur ces entrefaites le câble du remorqueur de la jonque (le canot à vapeur "Colovane") se rompit, dû à la forte mer et au vent, qui soufflait très fort; les deux petits canots à vapeur durent se retirer, le "Colovane" remorquant de nouveau la jonque, en direction à Macao. En ce moment-là déjà les cannonières du Vice-Roi et celles des Douanes Chinoises s'approchaient du bateau Japonais. Et au coucher du soleil le bateau des Douanes avait envoyé au bateau Japonais un canot avec un employé. Le Gouverneur sachant cela, envoya de grand matin le "Colovane" à la rade pour se certifier de la position du navire. Le "Colovane" revint à Macao à 10 heures du matin du 6, informant qu'à bord du bateau Japonais était monté un employé des Douanes Chinoises, et que trois cannonières et le bateau à vapeur des Douanes Chinoises étaient ancrés près du "Tatsu Maru No. 2.” "Colovane" voulut parler au pilote du Macao et lui dit de faire venir le
Le patron du No. 2" plus près de Macao. Mais le pilote lui répondit par signes qu'il ne le put faire. Tatsu Maru Le Gouverneur envoya alors, à midi, l'officier de marine adjoint au Capitaine du Port, sur un canot du Gouvernement. Il se dirigea vers le bateau Japonais, et, quand il voulut monter à bord, l'entrée lui en fut niée, et on hissa l'échelle sans lui en douner aucune raison. Il procéda alors à la détermination précise de l'endroit où se trouvait le bateau Japonais et revint à Macao en informer le Gouverneur. Le point où le bateau Japonais a été capturé est déjà situé dans la zone où, par un ancienne Conven- tion verbale, il est toléré à la Chine de fiscaliser. Néanmoins, toujours la pratique adoptée a été celle de considérer port de Macao tout point de la rade où se trouve ancré tout navire de long cours qui, par suite de son fort tirant d'eau, ne peut s'approcher plus de Macao, ce qui arrive presque toujours. Sans interruption, depuis d'innombrables années, les navires et bateaux à vapeur, ancrés en dehors de la zone où la fiscalisation Chinoise n'est pas tolérée, chargent et déchargent sous la fiscalisation exclusive des autorités de Macao, et libres d'aucune intervention des Douanes Chinoises. Des bateaux à vapeur de grand tirant d'eau, qui ne pourraient jamais entrer dans la zone défendue au Fisc Chinois ont toujours payé à Macao l'impôt de tonnage et ont procédé toujours à leurs opérations commerciales sous la fiscalisation du Capitaine du Port de Macao. Mais encore plus; il n'est toléré à la Chine fiscaliser les bateaux qui voudraient faire de la contrebande en terre Chinoise, ce qui que de n'est le
pas cas, puisque le bateau Japonais se dirigeait directement à Macao avec un connaissement en due forme de son chargement. De ce qu'on a toléré à la Chine qu'elle pouvait fiscaliser pour se défendre dans une certaine zone, il ne s'ensuit pas qu'elle puisse considérer ces eaux territoriales Portugaises comme lui appartenant. Elle n'a aucun droit à appréhender un bateau qui se dirige à Macao muni de docu- ments en bonne et due règle et à empêcher ainsi notre libre commerce. elle n'a aucun droit à ces caux-là. Comme il en appert elles sont à 2 milles de De même Colorane, donc eaux territoriales Portugaises. De ce que nous avons toléré à la Chine de fiscaliser dans cette zone il résulte clairement qu'elles sont à nous. ne lui avons jamais donné ni reconnu le droit de se prévaloir de cette tolérance pour Et nous en user contre nous, ce qui du reste serait absolument absurde. Donc, avec cette
capture, absolument injustifiée, révoltante, et illégale, la Chine a violé nos eaux territoriales et encore porté atteint à notre souveraineté, à notre droit, à son respect, et à notre droit de libre commerce.
Le bateau à vapeur Japonais fut ensuite, escorté par les cannonières Chinoises, emmené jusqu'à Whampoa et de là à Canton. Le pilote Chinois, employé du Gouvernement Portugais, fut à diverses reprises menacé, plusieurs matelots Chinois lui disant qu'on allait lui couper la tête. Arrivé à Canton, il demanda qu'on le mit en liberté. On lui dit de se taire, en lui répétant les mêmes menaces. Après, pendant la nuit, il donna 5 dollars à un matelot Chinois pour qu'il le laissât s'évader, et il s'enfuit à bord d'un bateau qui le ramena à Macuo.
Le Gouverneur de Macao ayant fait écrire par son Secrétaire-Général au Commis- saire des Douanes Chinoises à Lapa en protestant contre la saisie du "Tatsu Maru No. 2," protestant très justement, vu que la fiscalisation Chinoise dans ces eaux-là avait été toléréo pour éviter l'entrée de la contrebande en Chine, mais non pas pour y permettre des outrages contre notre commerce, vu que ces eaux étaient indiscutable- ment Portugaises, ce dit Commissaire lui répondit par la lettre que je transeris textuellement :---
"Sir,
"Custom-house, Lapo, February 9, 1908. "I have the honour to acknowledge the receipt of your Excellency's Confidential despatch of the 8th February, 1908, conveyed to me through the Honourable Colonial Secretary, and, in reply, have the honour to inform your Excellency that I have duly noted the protest contained therein. While, however, respectfully maintaining that the seizure of the steam-ship Tatsu Maru No. 2' was effected in Chinese territorial waters, I also beg leave to be allowed to inform your Excellency that this matter is in the hands of his Excellency the Viceroy of the Liang Kuang Provinces, by whose orders the steamer in question has been conveyed towards Canton. I seizo this opportunity to renew to your Excellency the assurance of my highest considera- tion, and to express the most sincere hope that the present unpleasant incident will not have the deplorable result of in any way disturbing the friendly relations which at present exist between the Lapa Customs and the Government of Macao.
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"I have, &c. (Signed) "A. H. WILZER,
Acting Commissioner for Lapa and District.
"To his Excellency Senhor Pedro de Azevedo Continho, Governor of Macao."
Le Gouverneur de Macao fit alors demander à Mr. Wilzer, vu qu'il affirmait que la saisie du bateau à vapeur Japonais avait été effectuée dans les eaux Chinoises, si Mr. Wilzer pouvait lui indiquer l'endroit précis où le dit bateau avait été capturé, Fendroit où il était ancré à ce moment-là, et les raisons sur lesquelles il fondait sou affirmation de ce que ces eaux appartenaient à la Chine.
Sir,
Voici la réponse de Mr. Wilzer :---
"Custom-house, Lapa, February 10, 1908. "I have the honour to acknowledge the receipt of your Excellency's Confidential despatch inquiring as to the exact bearings of the point at which the steam-ship Tatsu Maru No. 2' was seized, and, in reply, to state that I am not yet able to furnish the desired information. The case being in the hands of his Excellency the Viceroy, I am to-day wiring to that official for the information your Excellency desires. In conclusion, I desire to express to your Excellency the assurance of my highest consideration.
"I have, &c. (Signed)
"A. H. WILZER, Acting Commissioner of Customs for Lapa and District.
"To his Excellency Senhor Pedro de Azevedo Continho, Governor of Macao."
De nouveau le Gouverneur de Macao fit écrire à Mr. Wilzer, on lui demandant qu'il lui indiquât qu'elles étaient les lignes qui, suivant lui, Mr. Wilzer délimitaient les eaux Portugaises de Macao. Mais Mr. Wilzer ne répondit plus. Je crois que ses deux lettres sont des documents précieux. Dans la première il affirme que la saisie a
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